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Composer avec l'ennemi en 14-18 - l'activité industrielle en zones de guerre

Emile Fourcault (1862-1919), ingénieur belge et président de l'Association des Maîtres de Verreries de Charleroi
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les 26 et 27 octobre 2017, sur le site des anciennes verreries Foucault de Charleroi, un colloque européen est organisé sur le thème de l'activité industrielle en Belgique au moment de la Première Guerre mondiale.

Comment parvenait-on à travailler en zones occupées ou sur la ligne de front, pendant le Premier Conflit mondial ?

Pascal Deloge et Pierre Tilly (2012) mettent en avant le développement « d’une stratégie du moindre mal » pour expliquer la poursuite de l’activité industrielle en Belgique pendant la Grande Guerre. Certains secteurs ont, en effet, poursuivi leur fabrication au gré des humeurs de l’occupant. Tout comme dans le Nord de la France occupée (Colloque « Guerre mondiale et bassins industriels en territoire occupé », Maubeuge, 2014), la Belgique, moteur industriel d’avant-guerre, n’a pas nécessairement vécu la destruction systématique de son appareil de production.

Les célébrations du Centenaire sont l’occasion de confronter le discours orienté des vainqueurs d’après-guerre (Charles de Kerchoven de Denterghem, 1927) à la réalité des faits à l’aune des sources d’archives toujours disponibles. Dans le secteur verrier par exemple, l’historiographie belge a pour habitude de faire de l’industriel Émile Fourcault le seul « traître à sa patrie ». Or, les documents d’époque montrent qu’un nombre important de verreries a maintenu sa fabrication pendant le conflit. Son retentissant procès n’est-il pas finalement l’arbre qui cache la forêt ? Il paraît désormais évident que l’industrie du verre — qui n’a encore jamais été étudiée à ce jour — ne constitue pas le seul exemple de la poursuite des activités industrielles en zones de guerre.

L’occasion est donc ici donnée d’étudier le fonctionnement quotidien de l’industrie pendant le conflit et, au-delà, d’estimer à qui finalement cela a profité, entre redistribution des parts de marché et remise à niveau de l’outil de production. Ces rencontres sont l’occasion de confronter les réalités vécues par le secteur industriel en Belgique comme dans le Nord et l'Est de la France afin de poursuivre et d'élargir le champ de réflexion entamée par Pascal Deloge et Pierre Tilly.

Le programme

Jeudi 26 octobre

9h : Accueil
9h30 : Allocution d'ouverture du colloque par Paul Magnette, Bourgmestre de la Ville de Charleroi
10h : Introduction par Jean Heuclin, professeur émérite, Université catholique de Lille
10h30-12h : « La question du charbon pendant la Grande Guerre. Entre régulation, résistance et intérêt public », par Guy Coppieters, chef de travaux, Archives générales du Royaume, Bruxelles
« Charbon et occupation – Panorama des bassins houillers du Centre et du Couchant de Mons entre 1914 et 1918 », par Camille Vanbersy, Saicom, Centre d’archives privées, site du Bois-du-Luc

13h-16h : « Raoul Warocqué. Un industriel charbonnier dans la guerre. Une attitude controversée » par Yves Quiriaux, conservateur honoraire des collections régionales, Musée royal de Mariemont
« L’usine à gaz de Sedan et le rôle de Louis Busson son directeur dans la résistance face aux occupants », par Nicolas Charles, Université de Paris-Sorbonne & Jean-Louis Michelet, ingénieur historien
« Liège, 1914-1918 : complaisances, résistances et contrastes dans un paysage industriel occupé », par Arnaud Peters, Centre d’histoire des sciences et des techniques, Université de Liège
« Un cas de contre-exemple de la mise en coupe réglée de l’industrie par l’occupant allemand : la verrerie en zone belgo-française », par Stéphane Palaude, président de l’AMAVERRE
« Une cristallerie d’art sous la menace du feu : les établissements Gallé et les défis de la production industrielle en zone de guerre (1914-1918) », par Samuel Provost, maître de conférence, département d’histoire de l’art et d’archéologie, Université de Lorraine

18h30-22h : Découverte des collections du musée des Beaux-Arts de Charleroi

Vendredi 27 octobre

9h-12h30 : « Les déportations des ouvriers belges durant la Première Guerre mondiale : logique industrielle ou improvisation ? L’impact sur la population belge », par Arnaud Charon, chercheur, projet « The Great War from below », Archives générales du Royaume, Bruxelles
« Industrie du Verre en zone « annexée » : les Bezirke de Saarbrücken et de Strasbourg et plus particulièrement la situation de la verrerie Vallerysthal », par Luc Stenger, chercheur en histoire
« Industries métallurgiques et constructions électriques (les ACEC) au Pays de Charleroi durant la Grande Guerre », par Jean-Louis Delaet, directeur du Bois du Cazier
« Le maintien de la production de la sucrerie belge Couplet au cours de la Grande Guerre », par Ludovic Laloux, maître de conférences, Université de Bordeaux
« L’industrie textile du Nord sous l’occupation, 1914-1918 : une industrie (presque) inactive », par Simon Vacheron, Centre Roland Mousnier, Université de Paris-Sorbonne
« L’industrie sidérurgique belge pendant la Grande Guerre. Le cas des Forges de Clabecq », par Madeleine Jacquemin, chef de travaux, Archives générales du Royaume

13h30-16h : « Les usines belges délocalisées à l’étranger pendant la Grande Guerre », par Michaël AMARA, chef de service, Archives générales du Royaume, Bruxelles
« Le cluster du pays de Weppes occupé entre 1914 et 1918 : une production qui s’est poursuivie ? », par Chantal Dhennin, laboratoire HLLI, ULCO, Université Lille Nord de France
« La répression de la collaboration industrielle dans la province de Liège après la Première Guerre mondiale », par Alysson Rimbaut, historienne agrégée
« La SA Brevets Fourcault : victime de guerre ? », par Catherine Thomas, conservateur, Musée du Verre de Charleroi

16h : Conclusion par Stéphanie Claisse, Académie royale de Belgique

Informations pratiques

Lieu du colloque : CEME, 144 rue des Français, B-6020 Dampremy (Belgique)
Contact : +32(0)496/599.214 / pascal.csik@charleroi.be